AFFRONTER LA COLÈRE, DÉVELOPPER LA COMPASSION

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AFFRONTER LA COLÈRE, DÉVELOPPER LA COMPASSION
par
JUDITH ORLOFF Extraits de son livre Liberté émotionnelle, p. 401 à 446

Ariane Éditions, 2009  comment affronter la colèrePHOTO: ISTOCK

QUI DIT QUE L’ON NE PEUT CHANGER?… La septième transformation examine la dynamique de la colère et offre de nombreuses stratégies pour en triompher grâce à la compassion. Dans ce chapitre, vous apprendrez à déceler la colère, à l’assumer et à vous en défaire sans y succomber, sans tirer à bout portant sur les autres ou les aliéner. Cela vous apportera le pouvoir et améliorera vos rapports. Dans ma pratique psychiatrique, j’ai constaté qu’exprimer sa colère de manière positive peut être libérateur sur le plan personnel et améliorer la communication. J’ai aussi été témoin de la puissance destructrice de la colère, orientée vers soi-même ou vers autrui. La colère est toxique pour votre organisme et elle endommage les relations à moins d’être exprimée sainement, une aptitude qui fait défaut à la plupart des gens. Elle vous consumera, fermera votre cœur et vous empêchera de réfléchir clairement. Parmi toutes les émotions négatives, c’est celle qui est la plus susceptible de dégénérer en agression physique ou verbale. Je suis bien résolue à travailler cette émotion potentiellement incendiaire aussi rapidement que possible (non pas à la refouler ni à la vomir sur l’autre) pour qu’elle ne suscite en moi aucune anxiété ni ne me rende malade, ou qu’elle ne blesse personne. Au fil des ans, j’ai dû m’accrocher à mon siège et à mon centre pendant nombre de séances de thérapie de couple où les conjoints s’apostrophaient avec virulence jusqu’à ce qu’ils aient appris à se traiter avec plus de compassion. Lancer méchamment au partenaire « mère indigne » ou « amant pitoyable » blesse profondément. Certaines paroles resteront presque impossibles à effacer. La colère est tout à fait humaine, mais je décrirai comment la dominer au lieu d’y être asservi.

QU’EST-CE QUI VOUS MET EN COLÈRE ?

La colère (du latin angere, qui signifie « étrangler ») est un sentiment intense de déplaisir et d’antagonisme qui survient lorsqu’un besoin n’est pas comblé ou qu’une attente ne se réalise pas. En règle générale, qu’est-ce qui vous fait bouillir? Être traité injustement, être manipulé, voir qu’on vous manque de respect, notamment si c’est délibéré. De même, vous sentir non apprécié, menacé ou voir vos frontières émotionnelles ou physiques transgressées. Selon des études, les couples se querellent le plus souvent à propos du sexe, de l’argent, des enfants et des tâches domestiques. Pour ma part, ce qui me met le plus en fureur, c’est que quelqu’un ose me dicter ce que je dois éprouver ou être…

La colère résulte d’un vaste spectre de situations. De contrariétés de tous les jours: la chambre en désordre de votre adolescent, la voix tonitruante d’un collègue de bureau. Elle peut également découler de provocations plus graves: votre conjoint a une liaison, une amie tente de s’emparer de votre poste. Au-delà du domaine personnel, des faux-semblants comme le racisme ou la pollution vous mettront hors de vous. Vous pouvez aussi être furieux contre Dieu pour ce qui vous semble injuste – guerres, problèmes de santé ou solitude. Selon les circonstances, la colère ira de l’agacement léger à la rage meurtrière.

À dire vrai, notre existence en ce XXIe siècle est si contaminée par l’exaspération que nous avons désormais des noms pour désigner divers types d’emportements. Rage au volant. Rage dans l’avion. Rage au bureau. Rage au cellulaire. Rage à l’épicerie… Quantité de gens éprouvent une colère tellement refoulée et non examinée, qui mijote sous la surface, qu’il suffit de provocations mineures pour qu’elle explose. Ils sont dès lors plus susceptibles d’invectiver un serveur parce que la soupe est tiède ou un partenaire parce que le linge sale traîne par terre. Les résultats seront parfois tragiques… Une telle fureur incontrôlée peut avoir des conséquences physiques et émotionnelles dévastatrices.

La septième transformation offre des solutions pour aborder la colère, justifiée ou pas, et savoir comment gérer, sans être anéanti, toute colère dirigée contre vous. Vous vous mettrez à évaluer honnêtement le rôle actuel de cette émotion dans votre vie – un acte important s’il en est, car il est impossible de la réprimer sans conséquences. La colère tend à changer de forme. Intériorisée, elle se muera en dépression ou en d’autres émotions douloureuses. Elle provoquera aussi des manifestations et des purges diverses, allant de reflux acides, d’éruptions cutanées jusqu’aux diarrhées. Ou encore, elle se manifestera inconsciemment sous forme d’agressions passives – humilier les autres, refuser d’exprimer de l’affection, faire preuve de méchanceté ou de médisance. Ignorant que votre colère a été déplacée, vous critiquerez sournoisement ou dénigrerez autrui, ce qui ne vous vaudra pas l’affection générale. Pour éviter un tel sort, répondez au questionnaire ci-dessous pour élucider l’emprise de cette colère sur vous.

Questionnaire sur la colère: Suis-je en colère?

  • Quand je suis blessé, ai-je le désir de blesser l’autre?
  • Les petites choses m’irritent-elles?
  • Suis-je fréquemment irascible, tyrannique ou querelleur ?
  • Ma colère est-elle difficile à maîtriser?
  • Au cours d’un conflit, est-ce que je dis des choses que je regrette par la suite?
  • Est-ce que j’émets des remarques critiques ou cinglantes?
  • Ma colère blesse-t-elle les êtres qui me sont chers?
  • Suis-je rancunier?
  • Est-ce que je perds mon sang-froid dans les embouteillages ou en faisant la queue?

Sept à neuf réponses affirmatives indiquent un fort degré de colère, beaucoup trop en réalité, au point de vous nuire ou de nuire à autrui. Quatre à six réponses affirmatives signalent un degré modéré de colère sur lequel il faudra travailler. Une à trois réponses affirmatives dénotent un taux minimal de colère. Aucune réponse affirmative révèle que vous êtes en territoire pacifique.

Même si vous portez actuellement en vous une forte colère, la compassion permettra de modifier des schémas de longue date afin que vous puissiez réagir plus efficacement. La compassion se définit comme la capacité humaine d’empathie pour votre souffrance, vos défauts et vos aspirations, ou ceux de quelqu’un d’autre, empathie qui vous pousse à secourir l’autre dans le besoin. Il s’agit d’un amour inconditionnel si doux qu’il est capable de dissoudre la colère en vous. La simple vue d’une scène touchante peut également éveiller la compassion – une maman oiseau donnant la becquée à son oisillon ou un ami travailleur qui réalise son rêve de carrière. La compassion s’avère indispensable pour transformer toute émotion négative, mais elle est particulièrement essentielle à la colère. Pourquoi? Parce qu’elle permet de révéler et de guérir avec bonheur la blessure qui sous-tend cette émotion. Autrement, vous demeurez inconscient des causes profondes de votre colère et risquez ainsi de devenir hypocrite ou agressif. En développant la compassion, vous réagirez moins fortement. Si un individu se fâche contre vous, vous ne succomberez pas à ce que mon maître spirituel appelle « la vieille réaction qui consiste à hurler, à punir ou à brandir un bâton pour le chasser ». Cela n’excuse pas le comportement délétère de l’autre, mais la compassion permet une intuition plus fine quant à la raison de cette colère, afin que vous puissiez réagir plus raisonnablement et pardonner, une pratique libératrice que j’expliquerai plus loin.

La septième transformation exige une redéfinition radicale de la colère par le biais de la compassion. Cela sera possible en comprenant la biologie, le caractère spirituel, la puissance énergétique et la psychologie de cette émotion. Vous aurez dès lors des options plus éclairées que simplement sortir vos griffes, vous fermer ou refouler cette colère. Vous apprendrez également à transiger avec les tyrans et avec les médisances, et à reconnaître les effets néfastes de la vengeance et de la malveillance. Avoir de la compassion ne signifie pas, toutefois, que vous n’éprouverez jamais de colère ou que vous servirez de carpette aux autres. Si l’on vous a fait du tort, ou en présence d’injustices, la colère est fondée. Il est approprié de fixer des limites nettes en vue de circonscrire les comportements blessants ou de vous retirer de situations malsaines. Mais la colère devient souffrance si elle vous consume. Je suis inconditionnellement d’accord avec ces propos de Krishnamurti: « Pour mettre un terme à la violence, nous devons persister avec opiniâtreté à nous libérer de la violence à l’intérieur de nous.  » Voilà l’objectif des stratégies de ce chapitre.

Anatomie de la colère et de la compassion: Mettre en œuvre la septième transformation

La grande valeur de cette transformation, c’est qu’elle vous prépare à éveiller plus rapidement la compassion en présence de la colère. Au fil de décennies de pratique médicale, j’ai compris que la plupart des patients ne désirent pas ne pas être compatissants; ils ne songent tout simplement pas à recourir à la compassion quand ils sont en colère ou ne s’arrêtent pas assez longtemps dans les moments de fureur pour y faire appel. La compassion est un géant assoupi en vous qu’il faut éveiller par une prise de conscience. Dans les sections qui suivent, vous apprendrez à reconnaître les tout premiers symptômes de la colère et à traiter avec compassion la situation qui l’a provoquée.

REPROGRAMMER LA BIOLOGIE DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION

La colère est intensément physique, et ce, de manière très primale. Réfléchissez à ce qu’elle fait à votre corps. Supposons qu’un collègue se joue de vous au moment d’une transaction. Vous êtes furieux. Votre amygdale stimule une production d’adrénaline. Votre énergie décuplée vous incite au combat. Le sang afflue dans vos mains, rendant plus facile la prise d’une arme. Votre cœur bat plus vite. Votre respiration est laborieuse. Vos pupilles se dilatent. Vous suez. Dans cet état bouillant d’adrénaline, l’agressivité s’intensifie. Votre ton monte, vous pointez un doigt accusateur vers cet individu, vous le fusillez du regard, vous agitez les bras, vous l’intimidez verbalement et transgressez son espace personnel. Dans des cas extrêmes, vous serez incité à littéralement l’assommer ou à le tabasser. Sur le plan de la survie pure, vous cherchez à dominer et à riposter pour vous protéger et empêcher que l’exploitation n’aille plus loin. (Autrement, si vous subissez une colère, vous êtes porté à combattre ou à prendre la fuite, en fonction de votre mécanisme de survie.) La colère est l’une des pulsions les plus difficiles à maîtriser, car sa raison d’être évolutionnaire est de vous préparer à vous défendre contre le danger.

Biologiquement, quelles variables vous rendent plus sujets à la colère? En premier lieu, l’accumulation de stress. Voilà pourquoi vous explosez plus spontanément après une journée frustrante au bureau. En deuxième lieu, le fait de laisser couver la colère et les rancœurs. Si la colère devient chronique, le cortisol, une hormone de stress, contribue à son bouillonnement prolongé. Si vous demeurez dans cette condition, cela vous rend à cran, soupe au lait. Il est scientifiquement démontré que la colère s’attise d’elle-même. L’effet est cumulatif; chaque épisode de colère repose sur l’essor hormonal de l’épisode antérieur. Par exemple, les mères les plus dévouées et aimantes s’apercevront soudainement à leur grande horreur qu’elles hurlent après leurs enfants si elles ne savent pas diffuser constructivement une accumulation d’irritations. Voilà pourquoi votre biologie vous enseigne à casser promptement le cycle de l’hostilité et à ne pas ruminer le passé, car il nuit à votre bien-être.

Pour une santé optimale, vous devez traiter votre colère. Mais il ne s’agit pas de continuer à exploser quand une chose vous dérange; il vous faut plutôt acquérir des stratégies favorables au corps pour exprimer cette émotion. Sinon, vous serez prédisposé à des maux tels que les migraines, le syndrome du côlon irritable ou la douleur chronique, que le stress exacerbe. Votre tension artérielle grimpera en flèche et vos vaisseaux sanguins se contracteront, ce qui compromettra la circulation du sang au cœur…

Quelle est donc la solution? Cultiver la compassion améliorera votre santé et reprogrammera biologiquement votre approche de la colère en vous entraînant à la considérer sous un autre jour. Vous pouvez, bien sûr, agir cruellement ou déverser votre rage sur les autres. Vous aurez peut-être même brièvement l’impression d’une catharsis, mais cela ne profitera en rien à votre santé, à votre système immunitaire, et ne prolongera pas votre vie ni vos amitiés. La compassion, en revanche, vous permet de vous dire au milieu d’une querelle: « Cette situation est douloureuse. Je suis furieux. L’autre aussi. Malgré tout, comment puis-je être clément à mon égard et ne pas réagir par vengeance? » Ce bond prodigieux de la conscience tempère la réaction de lutte ou de fuite, apaise votre organisme et adoucit l’instinct meurtrier qui ne cherche qu’à nuire en ripostant. Vous pouvez ensuite tenter de combler vos besoins par des voies plus pacifiques. Cela ne signifie pas, cependant, de ne pas exprimer vos sentiments. Toutefois, la compassion colorera le ton et l’énergie de votre expression et permettra plus d’empathie pour la blessure qui sous-tend votre colère et celle de l’autre…

Les exercices ci-dessous reprogrammeront la biologie de la colère grâce à la compassion. Ces techniques simples et pleines de bon sens calmeront les échanges incendiaires, que vous soyez victime ou auteur de la colère.

 

Mesure émotionnelle activeQUATRE TRUCS POUR DÉSAMORCER LA COLÈRE ET ALIMENTER LA COMPASSION

  • Si vous êtes fâché, faites une pause et comptez lentement jusqu’à dix. Pour compenser l’adrénaline provoquée par la colère, entraînez-vous à ne pas riposter impulsivement, Même si la personne est infâme, attendez avant d’ouvrir la bouche. Prenez quelques respirations profondes et, très lentement, comptez jusqu’à dix en silence (ou jusqu’à cinquante, s’il le faut). Utilisez cette accalmie pour vous ressaisir avant de décider de la chose à faire. Répétez en vous-même « Le calme est magnifique », afin de vous détendre. Faire preuve de cette maîtrise de soi délibérée vous met aux commandes de l’échange et vous évite des répercussions déplorables.

  • Accordez-vous une période pour retrouver votre sang-froid. Pour apaiser encore davantage vos neurotransmetteurs, faites une pause plus longue de quelques heures ou plus. Si vous êtes énervé, ou après une altercation, retirez-vous dans un cadre paisible pour réduire votre stress. Limitez les stimuli externes. Tamisez les lumières. Écoutez une musique apaisante. Méditez. Effectuez quelques exercices aérobiques ou du yoga pour évacuer la colère de votre organisme et vous détendre…

  • Ne tentez pas d’aborder votre colère quand vous êtes pressé. Assurez-vous d’avoir assez de temps pour aborder ce qui vous a rendu furieux. En neurosciences, des recherches sur le phénomène du bon Samaritain révèlent que le fait d’être pressé fait obstacle à notre compassion innée. Une étude de l’université de Princeton a démontré que même après avoir assisté à une conférence sur le bon Samaritain, des étudiants en théologie ne s’arrêtaient pas pour secourir une personne en détresse sur la rue s’ils croyaient être en retard à leur prochain cours. La morale: s’accorder un moment de détente pour résoudre un conflit permet d’avoir une réaction plus compatissante.

  • Ne tentez pas d’examiner votre colère si vous êtes fatigué, ni même avant d’aller dormir. Puisque la colère agite votre organisme, elle interfère avec la qualité du sommeil et entraîne l’insomnie. L’esprit tourne en rond. Mieux vaut examiner votre colère plus tôt dans la journée, pour laisser le temps à votre adrénaline de s’apaiser. Et bien reposé, vous êtes moins enclin à réagir avec impatience et vous pouvez préserver votre équilibre.

Ces précautions vous évitent d’être assailli par les substances biochimiques produites par la colère. Vous avez alors la lucidité et la patience de donner l’exemple d’une forme d’être plus compatissante, un témoignage de la manière dont notre cerveau a évolué. Comme je l’ai décrit précédemment pour l’empathie, nos neurones miroirs faciliteront cette transformation du cœur en créant une passerelle entre cerveaux conçue pour nous permettre de nous relier intimement à l’autre. Si vous êtes en présence d’une personne furieuse, ou sereine, ces émotions se refléteront en vous. Voilà pourquoi, devant la colère, il faut personnifier la compassion pour évoluer au-delà de la mentalité de l’homme de Néandertal, celle de « tuer ou d’être tué », Il est possible de mettre cela en pratique dès maintenant. Commencez par vos propres relations. Comme le disait Gandhi, il faut « être le changement » que nous souhaitons voir.

DÉCOUVRIR LE SENS SPIRITUEL DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION

La compassion est une forme radicale d’activisme spirituel qui permet, comme jamais, de percer à jour la colère. Il faut observer cette émotion depuis le haut de la montagne, plutôt qu’à son propre niveau. On peut dénicher une foule de bonnes raisons pour ne pas éprouver de compassion. L’autre ne la mérite pas. Il avait bien cherché ce qui lui est tombé dessus. Il est bien au-delà de toute forme de clémence. Une fois que nous accédons à notre spiritualité pour contrer cette émotion handicapante, ces manières habituelles et limitées de réagir à la colère sont toutefois désuètes.

Voici un exemple qui illustre mon idée. Un jour, une femme s’est rendue à Dharamsala, en Inde, pour interviewer le dalaï-lama. Dans la rue, elle aperçut un homme qui battait cruellement un chien. Elle interrogea le dalaï-lama à ce sujet. Il lui répondit que « la compassion, c’est plaindre l’homme autant que le chien ». Inutile de le dire, il est légitime de se désoler face à l’abject salaud qui frappe un chien innocent, ou qui que ce soit. Mais d’un point de vue spirituel, il ne faut pas s’arrêter là. Il faut aussi reconnaître la souffrance de l’auteur de cet acte répréhensible, laquelle souffrance le pousse à cette brutalité. Sans fermer les yeux, il faut percevoir avec justesse la douleur qui motive tout acte de colère. Sur le plan de la liberté émotionnelle, cette conscience nous conduira à transformer la colère en nous et à imprégner de compassion notre approche de la colère en autrui. Je sais qu’il est difficile d’en saisir le sens. Pourtant, jusqu’à ce que nous puissions regarder la colère en face et réagir autrement, notre évolution ne sera que minime.

Transformer la colère exige une compassion authentique, souvent difficilement acquise, et non pas une compassion artificielle qui ne se manifeste que lorsque les gens regardent, ou par rectitude politique. Sachez aussi que les gestes de bonté extravagants n’éclipsent pas la valeur de la décence humaine, leur cousine plus discrète. Il est fort difficile de transformer la colère. Même si vous travaillez avec cœur sur cette émotion, il est toujours possible que vous vous emportiez facilement ou que vous succombiez à un comportement dont vous n’êtes pas fier…

Ah, la colère! Elle s’empare de nous si totalement, si spontanément. Attendez-vous à cela. Que vous portiez une robe safran ou pas, efforcez-vous de mobiliser votre identité la plus noble dans tous les domaines de la vie, notamment dans les circonstances les plus difficiles. Ce peut être toutefois déroutant, car la culture occidentale voit la colère de manière équivoque: elle dénonce ses formes extrêmes, mais tend à estimer que ses formes plus atténuées sont des atouts nécessaires qui permettent d’être agressif et de réussir…

Voici quatre directives spirituelles pour vous aider à cultiver la compassion qui transformera la colère au quotidien. Elles vous donneront un centre de gravité plus solide lorsque vous lutterez contre la colère et vous permettront d’apprécier votre réaction.

Directive 1. Se résoudre à se défaire des rancunes

Le ressentiment est un grief ou une rancune que vous entretenez après avoir été mal traité. Il est facile de se cramponner à tous les incidents qui vous ont exaspéré, d’une coiffeuse bavarde à un ex infidèle. Et si vous faisiez un sondage, plusieurs prendraient votre parti quant à votre droit de garder rancœur. Selon cette logique, avec le temps et à mesure que se décuplent les ressentiments, vous avez « le droit » d’être de plus en plus en colère, de ressasser la litanie incessante de vos complaintes. Mais voulez-vous être cette personne acerbe? Pour votre liberté émotionnelle, décidez plutôt de travailler à lâcher prise devant les rancœurs et à laisser la compassion les purifier… Renoncer à ses vieilles blessures est difficile, parfois impossible. L’idée vous rebute peut-être. Cependant, pour devenir un être extraordinaire, un être qui accorde davantage de valeur à la compassion qu’à la haine, le pardon est indispensable.

Directive 2. Cultiver le pardon

Le pardon, c’est l’acte spirituel qui consiste à se défaire, par compassion, des rancunes, de la colère ou du désir de punir quelqu’un, ou vous-même, à cause d’une offense. C’est un état de grâce impossible à contraindre ou à feindre. Il n’y a pas de raccourci pour y parvenir. Par erreur, quelques patients vraiment désireux d’être « spirituels » ont prématurément tenté de passer directement au pardon après avoir été sérieusement blessés sur le plan affectif. Impossible. Il faut d’abord éprouver la colère avant de commencer à pardonner. En psychiatrie de l’énergie, je guide graduellement les patients vers la noblesse de cœur qui pardonne les blessures causées par autrui ou par soi-même. Une étude menée à Stanford démontre que recourir au pardon diminue le stress, la colère et les symptômes psychosomatiques.

Le pardon vient de votre identité la plus noble; il élargit la vision. Pour tout dire, il vous profite davantage qu’à n’importe qui d’autre puisqu’il vous délivre de la négativité et vous donne l’occasion de passer à autre chose. Pardonner ne dissoudra pas totalement la colère, mais cela vous accordera la liberté de savoir que vous valez bien davantage. Je le répète: le pardon concerne l’auteur de ce geste, pas le geste en soi. Il s’adresse non pas à l’offense, mais à la blessure de l’individu. Cela ne signifie pas revenir vers votre partenaire violent par compassion pour l’être abîmé qu’il est. Vous souhaitez naturellement vous soustraire aux sévices. Néanmoins, par la distance, vous pouvez tenter de pardonner la souffrance consciente ou inconsciente qui a motivé l’acte en question. Votre désir de transformer la colère appelle la paix et vaut bien l’effort spirituel requis.

Dans le contexte du pardon, effectuez cette vérification des faits: dans la relation, l’autre apporte toute une vie de blessures, et son comportement le concerne donc davantage lui que vous-même. À l’instar de l’une de mes patientes, vous direz peut-être avec raison: « Je suis blessée et furieuse que mon partenaire m’ait quittée et qu’il ait même refusé d’en parler. N’est-il pas raisonnable de vouloir en discuter? » Bien sûr. Mais votre besoin ne prend pas en compte la terreur de l’intimité qu’a votre conjoint et le fait qu’il ferait n’importe quoi pour s’y soustraire entre vous, ou dans toute relation. Malheureusement, les craintes et les insuffisances de votre partenaire l’ont emporté sur vos besoins. Pour pardonner tout en guérissant la colère, il vous faudra évaluer à qui vous avez affaire, le bon comme le mauvais. Souvent, les gens font de leur mieux – ce qui ne vaut pas grand-chose à votre sens, mais c’est la déplorable vérité de la situation. Accepter la réalité des limites de l’autre permet de pardonner et de surmonter les vieux ressentiments afin de pouvoir atteindre au bonheur, à la paix et à l’amour recherchés.

La compassion ouvre une porte dissimulée conduisant à un univers secret, au-delà de la colère. Néanmoins, les sentiments de rage ou de pardon ne sont pas mutuellement exclusifs. Vous pouvez éprouver simultanément divers degrés des deux. Au début, peut-être pardonnerez-vous un petit peu et vous sentirez-vous très furieux. Puis, avec les progrès de la septième transformation, la balance penchera graduellement vers le pardon, car votre attachement à la colère diminuera.

Directive 3. Présenter des excuses

Si votre colère n’est pas constructive, vous pouvez toujours vous excuser ou tenter de vous racheter, en modifiant votre comportement de manière active ou en prenant des mesures pour défaire ou minimiser les torts. Nous devons le reconnaître, mettre de côté notre besoin arrogant d’avoir « raison « , ou admettre que nous avons été insensibles ou que nous avons eu tort, nous restera peut-être en travers de la gorge. Malgré tout, c’est un geste humble et tendre fort apprécié. Comme nous l’avons souligné déjà, la colère ne se limite pas aux emportements. Une gradation de cette émotion existe. Elle peut s’exprimer de diverses façons: on peut être dur, impérieux, porter des jugements catégoriques ou se montrer condescendant…

Peu importe comment votre colère s’est exprimée, tentez de demander pardon le plus rapidement possible. Les excuses peuvent, pour la plupart, être brèves et gentilles, bien que certaines exigeront une discussion plus longue. Prendre le téléphone pour avouer avec sincérité que vous êtes désolé allégera l’atmosphère et évitera d’aggraver le ressentiment. Il ne s’agit pas de débiter des excuses, mais d’admettre avec sincérité que vous avez eu tort. Par ailleurs, il faudra parfois vous racheter concrètement. Demandez à la personne ce que vous pouvez faire en guise de compensation. Par exemple, vous mettre d’accord pour échelonner des paiements en vue de rembourser une dette, ou rétablir la vérité concernant une rumeur nocive lancée par vous-même. Dans le cas de nombre de transgressions affectives, les meilleurs dédommagements consistent à s’excuser, à écouter ce que l’autre a à dire, à reconnaître la blessure que vous avez causée, puis à systématiquement traiter la personne correctement.

Directive 4. Résister au désir de vengeance

La vengeance, c’est le désir de rendre la pareille à quelqu’un qui vous a fait du tort. Il est naturel d’être en colère, de vous dire que vous n’allez pas laisser ce salaud s’en tirer, peu importe ce qu’il a fait. La vengeance vous réduit toutefois au pire en vous et vous rabaisse à ces êtres méprisables que vous prétendez détester. Il va de soi que si quelqu’un vous frappe, vous aurez l’impulsion de le frapper à votre tour; c’est le point de départ de toute guerre. Pour s’épanouir sur le plan personnel et en tant qu’espèce, il faut résister à cette envie prévisible de vengeance. Il faut chercher à réparer les torts plus positivement. Cela ne fait pas de vous une carpette; vous refusez simplement d’agir d’une manière destructive et lassante qui empêchera de jamais trouver la paix. Je suggère la version qui consiste à « tendre l’autre joue « , tout en faisant le maximum pour préserver ce qui est important pour vous. Le plus difficile, par contre, c’est de voir quelqu’un « s’en tirer malgré ce qu’il a fait », sans pouvoir rien y changer. Oui, votre femme vous a quitté pour convoler avec son professeur de yoga. Oui, votre collègue fourbe vous a trahi. Quand je suis confrontée à ces situations exaspérantes, je trouve consolation dans la notion du karma, à savoir que tôt ou tard tout nous revient. Pour moi, il ne s’agit pas d’une rationalisation, mais d’un principe auquel je crois fermement. Je sais également que la meilleure vengeance est votre réussite, votre bonheur et le triomphe de ne pas accorder aux gens vindicatifs une suprématie sur votre sérénité.

Pour goûter directement les fruits du pardon, effectuez l’exercice qui suit. Conjuguez-le avec le processus de guérison et de transformation de la colère.

 

Mesure émotionnelle activeÊTRE PLUS NOBLE QUE LA COLÈRE – PARDONNER

  • Identifiez des personnes contre lesquelles vous êtes fâché. Commencez par quelqu’un au bas de votre liste, non par votre père irascible. Vous pourrez alors savourer le pardon plus rapidement. Par la suite, vous serez en mesure de vous attaquer à des cibles plus ardues.

  • Abordez vos sentiments honnêtement. Parlez à des amis, à votre thérapeute ou à d’autres personnes qui vous soutiendront. Évacuez la colère de votre système. Je recommande aussi de noter vos sentiments dans un journal pour purger la négativité. Voyez ensuite si vous souhaitez soulever la question avec la personne concernée. Dans l’affirmative, servez-vous des règles pour une communication compatissante présentées plus loin dans ce chapitre.

  • Commencez à pardonner. Représentez-vous mentalement la personne contre laquelle vous êtes furieux, puis interrogez-vous: « Quelles imperfections l’ont incitée à mal me traiter? » Voilà l’aspect vers lequel diriger votre compassion, le domaine où pardonner. En définitive, faites le maximum pour ne pas vous soumettre à des traitements indignes, mais éveillez votre compassion pour l’aveuglement émotionnel de la personne ou son cœur de pierre. Pardonner la blessure découle de cette attitude.

Voici quelques suggestions sur ce que peut accomplir le pardon dans diverses situations où la colère est justifiée. Il établit une attitude plus magnanime, que vous décidiez ou non de faire face à la personne.

    • Une amie vous manque d’égards parce qu’elle vit une dure journée. N’oubliez pas, personne n’est parfait. Vous souhaiterez peut-être passer outre l’incident. Si, toutefois, vous lui mentionnez cette offense isolée, n’en faites pas une montagne. Donnez une chance à votre amie – pardonnez-lui son écart de conduite.

    • Votre adolescent vous engueule et vous manque de respect. Fixez des limites cohérentes et appropriées en ce qui a trait à ses comportements. Faites-lui savoir que c’est inadmissible. Mais au lieu de vous mettre en colère par simple réaction et d’en rester là, tentez d’éprouver de la compassion pour la souffrance qui sous-tend sa colère. Faites le maximum pour découvrir la cause du passage à l’acte de votre adolescent, laquelle cause aura généralement pour objet davantage que vous.

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  • Un collègue rafle les honneurs pour vos idées. Circonscrivez les dégâts, qu’il s’agisse de mentionner ce problème au collègue en question, au patron ou au Service des ressources humaines, et ne lui confiez plus vos idées à l’avenir. Néanmoins, tentez de pardonner à ce collègue d’avoir été cette personne avide, peu sûre d’elle-même et mesquine qui a dû s’abaisser au point de vous voler vos idées.

  • Votre belle-mère se montre exigeante. Continuez à établir des frontières bienveillantes, mais fermes, afin, avec le temps, d’en venir à des compromis acceptables. Mais soyez aussi indulgent pour les incertitudes qui sous-tendent son besoin d’attention et ses exigences -la peur d’être seule, de vieillir, d’être exclue de la famille ou de ne pas être entendue. Voilà qui adoucira votre réaction à son égard.

  • Vous avez été victime de maltraitance au cours de l’enfance. Le processus de guérison des sévices vécus dans l’enfance exige une immense compassion envers vous-même et sera facilité par le soutien d’autres survivants de maltraitance, de la famille, d’amis ou d’un thérapeute. Malgré tout, si vous êtes prêt à travailler en vue de pardonner à l’auteur de ces sévices, vous devrez voir l’anéantissement psychologique et la souffrance qui ont incité cet individu à commettre ces graves violences. Vous n’absolvez pas pour autant son comportement et n’y revenez pas, mais comprendre le handicap affectif dont souffre cette personne représente un effort de compassion énorme. Néanmoins, cette voie vous mènera à la liberté.

La compassion est une solution qui consiste à modifier le paradigme afin de transformer la colère. Néanmoins, la manière de l’exprimer doit toujours reposer sur l’intuition et le bon sens. La moniale bouddhiste Pema Chadron avertit chacun contre ce qu’elle appelle avec perspicacité « la compassion de l’idiot » – se servir de la bonté pour éviter le conflit, alors qu’il faudrait opposer un refus véhément. Je suis tout à fait d’accord. Pour préserver notre liberté émotionnelle, nous devons savoir où fixer des limites.

Par ailleurs, méfiez-vous du « syndrome du bon Samaritain », également connu avec amusement comme « la main secourable qui a encore frappé ». Ici, il s’agit d’une compassion trop enthousiaste et mal placée qui nuit involontairement au destinataire. Les bons Samaritains se laissent parfois prendre par la gratification obtenue quand ils font du bien autour d’eux, au point de ne plus savoir si leurs actions correspondent véritablement à l’intérêt de l’autre. Les bonnes âmes ont des bons côtés et des moins bons. Elles font souvent beaucoup de bien aux autres, des gestes dont elles peuvent être fières. Mais dans certains cas, ces bonnes actions conduisent à des résultats malvenus. Le don, notamment un don en argent, embarrasse parfois le bénéficiaire, lui donnant un sentiment d’infériorité et blessant sa fierté. Cela peut entraîner du ressentiment… Pour donner sagement, il faut soupeser à la fois le bien que peut nous apporter cette générosité et ses effets sur la personne qui en bénéficie.

À l’inverse, nous avons peut-être l’impression que notre compassion fait défaut, que nous n’avons rien à offrir… Tant d’événements dans la vie peuvent inciter à perdre toute compassion. Il faut pourtant se rebeller contre cela. Ensemble, attisons la flamme de la compassion pour que déclinent la colère et la haine.

ÉPROUVER LA PUISSANCE ÉNERGÉTIQUE DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION

La colère est une force émotionnelle orageuse avec laquelle il faut compter et qu’il faudra dompter. À titre de psychiatre de l’énergie, je suis portée à réfléchir quand l’effet physiquement destructeur de la colère prend la forme d’une énergie psychokinétique, la faculté des pensées et des émotions d’influer sur la matière. D’une manière tout à fait tangible, cette émotion peut secouer votre corps et votre environnement, notamment si elle explose dans toute sa puissance…

Cependant, en ce qui concerne la liberté émotionnelle, il est vital de saisir la colère au stade naissant et de la brider en invoquant une perspective compatissante. Vous pouvez vous y entraîner en vous familiarisant avec les premières étincelles énergétiques de la colère et de la compassion dans votre corps. Voici quelques traits communs de ces deux émotions.

 

L’énergie de la colère donne l’impression:

  • d’une brûlure, d’être embrasé, énervé,
  • d’un tir de mitraillette,
  • d’être roué de coups, cinglant et blessant,
  • d’être impulsif – vous cherchez à attaquer ou à faire mal sans réfléchir,
  • d’une pression qui s’accroît jusqu’à exploser.

 

L’énergie de la compassion donne l’impression:

  • d’une chaleur dans la poitrine – votre cœur s’ouvre,
  • d’un apaisement – votre corps se détend et votre esprit se calme,
  • d’une nourriture – cette énergie génère une connexion positive tangible à autrui et à l’Esprit,
  • d’un amour inconditionnel, d’être intuitivement centré,
  • d’un bien-être physique et émotionnel, et d’une guérison.

 

Reconnaître les signes initiaux de la colère permet de la transformer promptement et avec bienveillance. Bien que la colère soit bruyante et imposante, l’énergie apaisante, calme de la compassion, si elle est focalisée, peut l’annuler. Des études de l’Université Fairfield sur la méditation transcendantale (qui fait appel à des phrases répétitives, des mantras) ont démontré que si un groupe témoin méditait régulièrement sur la compassion et la non-violence dans des quartiers à forts taux de criminalité, ces taux diminuaient. Quelles extraordinaires implications! Les gens autour sentaient les champs énergétiques émis par les méditants. Imaginez qu’une personne sur le point d’exploser de rage sente une vague de cette énergie bienveillante! Quel formidable moyen de la désamorcer. La colère et la haine laissent un résidu de pollution énergétique que la compassion nettoiera. Réfléchissez aux ramifications de ce phénomène sur les plans personnel et mondial. Comme le chantait John Lennon, Imagine.

Fixer des frontières énergétiques : gérer les intrusions dans votre espace personnel

Si vous voulez voir quelqu’un voir rouge instantanément, essayez d’envahir son espace personnel. Qu’est-ce que l’espace personnel? Deux aspects principaux y sont rattachés. En premier lieu, c’est la frontière énergétique subtile et invisible qui vous entoure et détermine votre zone de confort au sein de vos échanges. Selon vos préférences, elle peut aller de quelques centimètres à des mètres, et varie en fonction des situations, de votre éducation et de votre culture… Des études indiquent que la plupart des Américains ont besoin d’une bulle de la longueur d’un bras autour d’eux. En second lieu, l’espace personnel est la frontière qui protège votre intimité physique et psychique. Par exemple, vous enfreindrez cette limite si vous vous imposez à votre partenaire alors qu’il a besoin d’être seul. Parmi d’autres types de transgressions, on compte les bruits, les odeurs, le fait d’éternuer sur quelqu’un quand vous avez le rhume, ou les intrusions du cyberespace sous forme de pourriels. On peut également franchir une ligne démarquant la propriété ou le territoire d’une personne, une infraction susceptible d’entraîner des représailles entre gangs ou des belligérances entre nations. Pour mieux comprendre vos besoins énergétiques en matière d’espace personnel et respecter celui d’autrui, ayez conscience des facteurs énumérés ci-dessous, qui, dans la vie de tous les jours, provoqueront la colère.

Dix intrusions communes dans l’espace personnel

  1. Les blablas d’un interlocuteur engagé dans une conversation sur son cellulaire en faisant la file.
  2. Les télévendeurs.
  3. La musique forte, les gens qui vocifèrent, la machinerie ou les voitures bruyantes.
  4. Le chien qui lève la patte pour faire pipi sur vos roses.
  5. Les arnaques, les combines et les spams sur Internet.
  6. Les grossiers abonnés de gymnase qui ne laissent pas les autres utiliser les équipements d’entraînement.
  7. La pollution de l’air, les émanations toxiques (gaz d’échappement des voitures), les parfums forts.
  8. Les conducteurs qui suivent de trop près ou qui roulent trop lentement.
  9. La personne qui s’approche trop de votre visage pour parler ou qui vous assène des claques dans le dos.
  10. Les graffitis ou le vandalisme.

Pourquoi les intrusions dans notre espace personnel nous font-elles bouillir? Outre le fait d’être agaçantes, impolies, dangereuses ou malsaines, elles transgressent un instinct énergétique primitif selon lequel l’autre ne respecte pas votre bien-être ou votre sécurité. Cet instinct va au-delà des codes de sécurité pour se prémunir contre les cambrioleurs ou de ces terrifiants systèmes d’alarme de voiture activés par le mouvement et qui semblent gueuler: « Éloignez-vous. Vous êtes trop près du véhicule. » Lorsque nous sommes victimes de telles transgressions, notre cerveau réagit comme si nous vivions encore 50 000 ans avant J.-C. Les recherches ont établi que les conflits d’espace personnel, telles les querelles entre voisins au sujet de feuillages envahissants, sont des réactions mues par une pulsion évolutionnaire visant à protéger les ressources et à assurer la survie. Les gens voient ces intrusions comme des attaques personnelles… Grâce à la liberté émotionnelle, des esprits plus calmes prévaudront. Vous devez apprendre, tel que je le décrirai, des moyens libérateurs de transiger avec les intrusions dans votre espace personnel pour que celles-ci n’éveillent pas le pire en vous ou que vous n’ayez pas à vivre en bouillant de rage…

Si quelqu’un envahit votre espace personnel, tenez-vous-en à une position morale plus élevée. Vous réussirez parfois mieux que d’autres, mais faites de votre mieux pour remédier chaque fois au problème grâce aux techniques présentées ci-dessous. Il est tentant d’être simplement méchant, mais cela ne procure qu’une satisfaction passagère sans véritables gains… La raison pour laquelle je m’oppose catégoriquement à toute forme de représailles, c’est que ces dernières sont totalement dépourvues de compassion pour l’offenseur ou de tout désir d’amélioration des relations humaines.

L’exercice qui suit offre des stratégies pour protéger votre espace personnel et traiter plus sainement avec ceux qui l’enfreignent.

 

Mesure émotionnelle activeRESPECTER VOS BESOINS D’ESPACE PERSONNEL

Quand quelqu’un s’introduit dans votre espace personnel, n’agissez pas impulsivement. Prenez une respiration. Gardez votre calme. Décidez de votre réaction. Vous choisirez parfois d’aborder le problème directement. Si tel est le cas, communiquez vos besoins sur un ton neutre, exempt d’accusation et de colère. Ce sera plus efficace.

Option 1. Fixer des limites

      • Parlez à votre famille et à vos amis. Nous sommes souvent plus impatients quand nous sommes dépassés par les événements. Même une petite escapade atténuera la pression et permettra de vous ressaisir émotionnellement. À la maison, prévoyez des pauses régulières. Dites à vos enfants que vous avez besoin de cinq minutes, porte close, et qu’ils n’ont pas le droit d’entrer. Dites à votre partenaire que vous souhaitez lire dans une pièce séparée quand le téléviseur est ouvert. Ou encore, établissez des limites avec un ami en expliquant que vous préférez ne pas recevoir de coup de fil tard le soir, ou passez une entente pour garder le silence pendant une partie de vos promenades ensemble. Communiquez aimablement vos besoins. Cela conduira à des relations plus aimantes.

      • Exprimez-vous auprès des autres. Dans un échange suivi avec une personne, il est utile de fixer des limites fermes et aimables, puis de manifester votre appréciation quand la personne s’y tient. Par exemple, d’une voix douce, j’ai demandé à un homme à mon club de gym, constamment accroché à son cellulaire en dépit de l’interdiction, de cesser de l’utiliser pour que les autres puissent se détendre. II a tout d’abord rétorqué: « Eh bien, je ne voudrais pas vous déranger! » Mais je me suis contentée de sourire et d’ajouter sincèrement: « C’est très aimable à vous, monsieur. Je l’apprécie vraiment. » Aussi simple que cela paraisse, dans ce cas, la gentillesse a marché. Du moins dans mes parages, il n’a plus jamais utilisé son téléphone. Dans certaines circonstances, cependant, résoudre le conflit exigera davantage de discussions et de compromis mutuels.

      • Évitez les situations toxiques. Évitez ou minimisez les contacts avec ceux qui ne respectent pas vos besoins. Par exemple, ne roulez pas en voiture avec un accro de la rage au volant. (L’énergie empoisonnée de la colère s’intensifie dans les espaces confinés.) Et ne voyagez pas en compagnie de quelqu’un qui souffre d’une volubilité compulsive, si vous souhaitez être tranquille et vous détendre.

Option 2. Appliquer une approche zen

    • Lâchez prise. Confronter les envahisseurs entraînera parfois davantage de contrariétés, notamment si vous ne devez jamais plus les revoir. Ce moulin à paroles dans la file à l’aéroport. Le type qui s’empare de votre place dans un stationnement. Un ami qui a pour mentalité de lâcher prise m’a dit ceci: « Personne ne me coupe plus le chemin dans la circulation parce que je laisse passer tout le monde! » Dans un scénario « laissez faire », votre plus grande victoire, c’est votre placidité. Concentrez-vous sur quelque chose de positif et passez à autre chose.

    • Jugez avec compassion l’insensibilité des envahisseurs d’espace personnel. N’oubliez pas:

      • Ils n’agissent pas ainsi avec vous en particulier.
      • La journée a peut-être été mauvaise pour eux.
      • Ils n’ont pas le bon sens ni les bonnes manières de ne pas empiéter.
      • Ils sont tellement égocentriques ou ils manquent tellement d’égards qu’ils ne se préoccupent que d’eux-mêmes, un déficit handicapant du cœur.
      • S’ils sont malveillants, ils souffrent d’une grande faiblesse et d’une grande obscurité en eux.

Puiser à même l’énergie de la compassion

Dans cette section, l’analyse énergétique de la colère et de la compassion met en relief divers moyens pour que le cœur l’emporte sur votre moi moins lucide. Il est possible de cultiver la compassion en tout. Fixer cette intention envers les gens vous permet de faire l’amour, pas la guerre. Vous pouvez éprouver de la compassion même si vous n’appréciez pas quelqu’un, si vous êtes fâché, de mauvaise humeur, malade, fatigué, ou si vos besoins d’espace personnel ne sont pas comblés pour des raisons d’ordre pratique. Même si vous pensez que la compassion n’est pas à votre portée, elle s’offre toujours à vous… Ayez foi en la compassion. Avec mes patients et plusieurs autres, j’ai constaté qu’elle peut apaiser la souffrance et s’insinuer de manière invisible dans les cœurs les plus insensibles, les plus glacés. Elle garde mon cœur ouvert même lorsqu’il cherche à se fermer par colère. L’énergie de la compassion est une lumière à l’éclat maximal. Elle vous illuminera.

CARTOGRAPHlER LA PSYCHOLOGIE DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION

Voici trois directives psychologiques visant à transformer la colère. Elles vous aideront à éveiller plus de compassion pour vous-même et autrui et à améliorer la communication au sein de vos relations.

Première directive : Tirer des leçons du passé

Pour comprendre la psychologie de la colère et de la compassion, il faut analyser les messages formateurs que vous avez captés sur ces deux émotions. Vous apprenez la colère de vos parents. Si ces derniers étaient cléments envers eux-mêmes et envers vous, s’ils se gardaient bien de rager et s’excusaient de le faire le cas échéant, alors vous êtes l’exception à la règle et vous avez de la chance. Plus vraisemblablement, les parents ont de bonnes intentions, mais parviennent mal à exprimer la colère de manière positive, car ils ne l’ont pas appris. Dans d’autres cas, comme chez les alcooliques, ils maltraitent carrément leurs enfants. Pour analyser votre rapport à la colère sur le plan psychologique, rappelez-vous comment vos parents l’exprimaient. Interrogez-vous: Hurlaient-ils? Se montraient-ils critiques? Injuriaient-ils? Retournaient-ils leur colère contre eux-mêmes? Se déchiraient-ils émotionnellement? Comment leur colère vous affectait-elle? La redoutiez-vous? Vous mettiez-vous en colère à votre tour? Entendiez-vous vos parents se quereller fréquemment? Les entendre se disputer est angoissant pour l’enfant. Il croira à tort être la cause de la dispute. Notez aussi quel rôle, s’il existe, jouait la compassion pour tempérer la colère. Dans l’ensemble, avait-elle une influence sur votre famille? Il sera utile de consigner vos réponses dans un journal. Passer en revue votre histoire familiale vous permet d’adopter le meilleur des vertus de vos parents et de vous dissocier de leurs imperfections. L’ennemie de la compassion, c’est la colère inconsciente. L’aide d’un thérapeute ou d’un guide spirituel s’avérera précieuse pour vous assister dans votre démarche. Par ailleurs, les règles d’une communication compatissante décrites ci-dessous vous donneront les stratégies pour exprimer lucidement la colère et adopter une mesure compatissante.

Deuxième directive: Déjouer les brutes

La persécution est une forme toxique de colère qui nuit aux adultes, aux adolescents et aux enfants. Le sujet est d’actualité en raison de son lien terrifiant avec la violence à l’école. Après 1a fusillade tragique à l’école Columbine, en 1999, les Services secrets rapportèrent que le fait pour les attaquants d’avoir été tyrannisés les avait essentiellement poussés à massacrer leurs camarades de classe. On décrivit l’un des deux auteurs du massacre comme « le gamin dont tout le monde se moquait ». Par suite de cet événement historique, vingt-deux États adoptèrent des lois contre les manœuvres d’intimidation, en vue de prévenir le harcèlement à l’école…. La tyrannie peut se perpétuer à l’âge adulte et entraîner des conséquences dangereuses…

 

Si vous avez été persécuté dans l’enfance ou à l’âge adulte, vous avez goûté à ce type d’humiliation. Vous devez absolument affronter les tyrans. Même si vous ne cherchez pas à devenir le chef de meute de qui que ce soit, la leçon à tirer … est l’importance pour vous de préserver une attitude calme et autoritaire au lieu de vous recroqueviller en présence d’un parent, d’un ami, d’un collègue ou d’un patron tyrannique. Vous prendrez ainsi le contrôle, d’une manière ou d’une autre, soit en abordant la situation de front ou en vous retirant complètement. Votre détermination et votre refus de trembler devant la brute ébranleront son petit jeu. (Dans les cas de coercition physique, assurez-vous sur-le-champ de la protection des policiers ou des tribunaux.) En fonction de votre situation, faites appel aux méthodes qui suivent.

LE GUIDE DU PERSÉCUTEUR
  1. Évitez de devenir une cible. Les petites brutes s’en prennent aux personnes sympathiques, à celles qui se sentent inférieures ou qui ont de la difficulté à se défendre. Ces individus ont le don de découvrir s’il est facile de vous déséquilibrer. Ils cherchent à vous faire réagir. Au bureau, les persécuteurs s’en prendront à certains types d’employés et laisseront les autres tranquilles. Ne devenez pas une victime. Le tyran respectera ceux qu’il ne peut persécuter.

  2. Si vous décidez d’aborder directement le persécuteur:

    • Demeurez calme et assuré. Respirez. Ne soyez pas sensible émotionnellement ni énervé. Abordez le persécuteur depuis un état centré, jamais à partir d’un sentiment de vulnérabilité.

    • Parlez à la petite brute en privé. Les persécuteurs réagissent mieux si vous leur parlez seul à seul plutôt que devant un groupe qui pourrait soutenir sa position; cela évite également de les embarrasser. Entamez la conversation en définissant d’abord le comportement en question, puis suggérez un changement explicite. Fixer des limites est susceptible de faire reculer un tyran. Par exemple, si un vendeur de voitures cherche à vous forcer à un achat quand vous n’y êtes pas prêt, dites-lui: « Je sais que vous êtes formé pour ce boulot, mais vous insistez trop. Je dois réfléchir. » Ou alors, si une rivale médit de vous et répand des rumeurs à votre sujet, téléphonez-lui et priez-la de cesser. Cette approche peut également servir contre un patron tyrannique, en prenant toutefois la précaution de consigner vos actions par écrit. Si vous n’obtenez pas de résultat, cherchez du renfort. Rapportez cet homme à l’administration et mobi1isez d’autres personnes qui ont des griefs analogues aux vôtres pour étayer votre cas.

  3. Employez l’humour pour dévier les attaques du persécuteur. Vous devez tenter le coup. C’est l’un des moyens de lui démontrer qu’il ne vous intimide pas et que vous ne répondrez pas à ses agressions. Prendre les choses à la légère démontre que vous ne vous laisserez pas bousculer ni ne mordrez à l’appât qu’il vous tend. Entre-temps, ne prenez pas pour vous les commentaires de la petite brute. Traitez-les comme des bruits de fond jusqu’à Ce que vous ayez atteint votre limite et que vous songiez à d’autres options.

  4. Évitez la personne ou changez de travail.. Si un tyran persiste, même si vous avez appliqué les méthodes suggérées, minimisez vos contacts ou rompez tout lien avec lui. Il n’est pas sain de vous soumettre à des maltraitances incessantes. Vous méritez mieux.

Troisième directive: Appliquer les règles d’une communication compatissante

Si vous êtes en colère ou si quelqu’un est furieux contre vous, il existe un art de répondre qui s’inscrit dans un cadre compatissant. Aux dires de mon maître spirituel, « il s’agit de gagner le cœur de quelqu’un, pas de le dominer avec colère « . Dès le départ, résoudre d’introduire la compassion dans l’échange transforme radicalement l’expression de la colère. Soyez celui ou celle qui donne le ton, notamment avec les gens méchants.

Dans les situations exaspérantes, voici deux voies pour mieux accéder à la compassion. Gardez-les à l’esprit pour entretenir ainsi des attentes réalistes et avoir un cœur plus aimant.

En premier lieu, soyez disposé à reconnaître la blessure qui sous-tend votre colère, au lieu de vitupérer haineusement et avec indignation. C’est là un pas de géant. Cela signifie être responsable de votre réaction, de l’assumer petit à petit, puis de trouver une solution pacifique. À « Je suis furieux parce qu’il ou elle… « , substituez « Je suis en colère parce que mon besoin de … n’a pas été comblé ». Communiquez ensuite en vue de trouver le moyen de répondre à ce besoin au lieu de vous demander comment cette personne a bien pu vous faire ça ou de vous lancer dans des belligérances sans fin, des réactions qui conduisent directement à l’effondrement…

La seconde voie pour accéder à la compassion consiste à prendre conscience qu’il ne revient pas à votre partenaire ni à personne d’autre de guérir vos problèmes émotionnels. Relisez cette phrase encore une fois. Faciliter cette guérison est le boulot des thérapeutes et des guides spirituels. Malgré que l’autre personne peut choisir d’améliorer un comportement chez elle, cela est bien différent que de tenter de « réparer » ce qui ne va pas chez vous. Par exemple, votre partenaire accepte d’examiner son tempérament rageur pour éviter de ne plus se mettre en fureur contre vous, mais cela n’a rien à voir avec le fait de s’attendre à ce qu’il rétablisse votre piètre estime de soi, ébranlée par ses emportements.

La colère est fallacieuse, car c’est votre perception d’une transgression émotionnelle qui déterminera l’intensité de votre fureur. Par exemple, je me fâche de temps à autre parce que je n’ai pas de douce moitié pour me faciliter la vie, tandis que vous seriez heureux d’avoir mon autonomie. Dans une relation, sachez communiquer ce qui déclenche votre colère pour que l’autre soit plus sensible à votre égard.

Une communication compatissante est la clé pour aborder la colère. Elle se définit comme un échange d’informations visant le bien de tous, échange où chacun exprime sa pensée et écoute l’autre avec empathie. La possibilité d’un lien affectif transformateur (la capacité de grandir en profondeur grâce à une meilleure communication) s’offre alors aux interlocuteurs, au lieu de les éloigner l’un de l’autre ou de taire leur colère. Il est naturellement avisé de choisir vos combats. Vous ne voulez pas laisser votre peau sur n’importe quel champ de bataille. Mais une fois que vous avez décidé qu’une question vaut d’être abordée, l’exercice qui suit donnera des résultats optimaux.

 

Mesure émotionnelle activeSEPT RÈGLES PERMETTANT UNE COMMUNICATION COMPATISSANTE

  • Règle 1 : Exprimez calmement vos sentiments.

  • Règle 2 : Précisez les raisons de votre colère, un problème à la fois.

  • Règle 3 : Réclamez un petit changement réalisable susceptible de combler vos besoins. Expliquez comment il profitera à votre relation.

  • Règle 4 : Ecoutez la position de l’autre sans vous tenir sur la défensive; n’interrompez pas.

  • Règle 5: Montrez de l’empathie pour les sentiments de l’autre. Interrogez-vous: « Quelle souffrance ou quel défaut incite l’autre à agir avec tant de colère, à se comporter d’une manière qui va à l’encontre de mes besoins? Pendant quelques instants de silence, tentez de pressentir intuitivement si le cœur de cette personne est fermé ou blessé. La compassion viendra alors plus facilement.

  • Règle 6 : Trouvez un compromis ou prenez une résolution. Ne vous attachez pas à simplement « avoir raison « .

  • Règle 7 : Si une personne n’est pas disposée à changer, vous devrez accepter le statu quo, essayer de vous détacher émotionnellement de celle-ci, ou restreindre vos contacts avec elle.

Pendant l’échange, adressez-vous systématiquement à ce qu’il y a de meilleur en l’autre, à son intelligence, à son intégrité ou à son intuition. Cela éveillera également le meilleur en vous. Le pire en vous brûle de se manifester, mais ne succombez pas. Abstenez-vous d’être cassant, condescendant ou méchant, car cela se retournerait contre vous… Évitez de généraliser, de rester vague ou de trop exiger. Restez décontracté: n’explosez pas et n’adressez pas d’ultimatum avant d’avoir tenté de trouver un terrain d’entente. Tout cela constitue votre méditation. La communication compatissante est un échange sacré, une rencontre des cœurs qui annule le despotisme de la malice.

Nous sommes en droit de célébrer le fait que la liberté émotionnelle nous accorde la pleine possession de nous-mêmes, délivrés des caprices de la colère ou d’autres émotions négatives. Si nous concevons qu’il est possible de traiter la colère et de la transformer, si nous savons que la compassion en est la récompense, nous ne sommes pas simplement à l’orée de la libération, nous la vivons. En appliquant la septième transformation, la compassion nous confère une autorité naturelle émanant du cœur, pas uniquement du mental ou de l’ego. Elle nous permet de nous comporter d’une façon radicalement lucide. Il ne faut jamais la confondre avec de la faiblesse. Le Bouddha l’enseigne: « La compassion est la voie menant hors des enfers.  » C’est notre compas permettant d’atteindre les paradis de l’amour bienveillant.

Au jour le jour, je suis reconnaissante des grâces accordées par la compassion… La compassion offre aussi le creuset où des miracles guérisseurs surviendront… À titre de médecin, je sais que l’amour peut donner lieu à des miracles défiant toute explication logique. Le don désintéressé est en résonance avec un tel mystère. La compassion est merveilleuse et d’une formidable envergure chez tous les êtres vivants. Chacun de nous est capable d’un amour sans limites. Les implications monumentales de ce principe continuent de se dévoiler à moi au fil des ans. Elles me donnent même des frissons et réalignent mes priorités affectives…

Ensemble, cultivons l’opulence de la compassion et réjouissons-nous les uns des autres. Soyez compatissant avec les gens que vous connaissez comme avec ceux que vous ne connaissez pas. Nous sommes tous des êtres sacrés. Nous sommes tous merveilleusement beaux. L’intuition nous laisse entrevoir la lumière en l’autre… La compassion nous permet de voir à la fois la surface des choses et leurs dimensions émotionnelles plus profondes. Elle nous permet aussi d’être plus généreux et de faire en sorte que nos relations soient sacrées. De faire de la Terre un lieu plus heureux qu’au moment de notre venue en ce monde.

LE LIVRE Liberté émotionnelle

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1 réflexion sur « AFFRONTER LA COLÈRE, DÉVELOPPER LA COMPASSION »

  1. Il était relecture blog pour un certain temps parce que je pensais que c’était ennuyeux lourd , mais les derniers messages articles sont de bonne qualité, de sorte Je suppose que je vais vous ajouter à ma liste blogs quotidienne. Vous le méritez ami. 🙂 \ R \ n \ r \ nSaludos \ r \ n

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